Paysage de l’information après la bataille

C’est fini pour les journaux quotidiens. Leur effondrement est inexorable et ce n’est pas la faute d’internet. “La prière matinale de l’homme moderne” n’est plus, depuis longtemps, que celle d’une petite élite intellectuelle, qui lit encore des journaux quand l’essentiel de la population s’informe par la radio, la télévision et internet. Cette information-là est pourtant…

La culture du net survivra-t-elle au Web de masse ?

La culture participative, libertaire et égalitaire du net… et le Web 2.0, ce n’est pas du tout la même chose. Il faut faire le distinguo.

La {“culture du net”} est née des pratiques que les premiers internautes ont expérimentées depuis les débuts d’internet, et qui en ont fait un lieu où les collectifs ne se forment pas de la même manière qu’ailleurs et où la légitimité de la prise de parole en public est établie selon d’autres procédures que dans les espaces d’expression traditionnels.

Le Web 2.0 de son côté est une notion, avant tout technique et économique, très floue et contestée d’ailleurs, qui est née autour des années 2004-2005, et qui s’intéresse surtout aux modèles d’affaires de quelques grosses sociétés américaines de l’internet telles que Google, Amazon ou e-Bay.

Si le Web 2.0 est aujourd’hui remis en cause, comme modèle d’affaires, parce qu’il montre ses limites et se voit même concurrencé par des entreprises comme Apple, qui déploient des stratégies économiques très divergentes avec les “canons” du Web 2.0, la {“culture du net”}, quant à elle, est confrontée à une autre difficulté : l’entrée dans le Web de masse, qui pourrait bien entrainer sa dilution, ou sa marginalisation.

Le blog : un média-jardin sur le web, avec terrasse ouverte sur le monde

Nombre de blogs proposent bel et bien aujourd’hui une autre manière de faire du journalisme, en marge des circuits du journalisme professionnel et de ses médias {mainstream}, au point de séduire même des journalistes professionnels qui y retrouvent une forme de liberté perdue.

Le sociologue Denis Muzet propose une analyse très perçante du phénomène : pourquoi les blogs ça marche ? Ce sont des médias spécialisés, qui offrent sur le monde un regard décalé qui apparait aujourd’hui plus explicatif que celui des médias généralistes, ce sont des {“médias jardins-terrasses”}. Ce sont aussi des {“médias de connivence”} qui permettent aux lecteurs de renouer une relation qui s’est aujourd’hui dissoute avec des médias “traditionnels”, dont la perte massive de crédibilité est très sous-estimée par la plupart des journalistes professionnels.