Information en ligne : le règne du canon à dépêches

On le soupçonnait un peu, une étude scientifique le confirme : la diversité de l’offre d’information dans les sites d’information en ligne est loin d’être aussi importante qu’on aurait pu l’espérer. Pire même, cette offre est massivement “redondante” et “stéréotypée” : les sites d’informations diffusent la même information en même temps, avec une extrême concentration…

Les journalistes “pris dans la toile” d’internet

Partant d’une tentative de définition très originale du journalisme comme une sorte d’“art du réglage” d’un très difficile équilibre de position, à la croisée de cinq paradoxes qui fondent l’identité professionnelle des journalistes, les chercheurs Nicolas Pelissier et Denis Ruellan envisageaient dès l’an 2000 que l’arrivée d’internet soit un “virage” extrêmement difficile à négocier pour…

De la démocratie numérique

[bleu]{“De la démocratie numérique”}, Nicolas Vanbremeersch, 2009, Seuil/Presses de Science Po, 100 p., 14€.[/bleu]

Le blogueur Versac s’essaye à un autre genre littéraire et reprend son nom de Nicolas Vanbremeersch pour publier sous forme de livre ce petit essai clair et stimulant sur {“la démocratie numérique”} (Ce livre n’est mis en vente qu’à partir du jeudi 19 mars, merci à Nicolas de m’en avoir accordé la primeur, et de me l’avoir offert… 😉 ).

La thèse de Nicolas est relativement simple à formuler, elle est peut-être moins facile à valider. Si elle prête à débat, c’est précisément l’intention de l’auteur d’en ouvrir un sur la question (à cette occasion, il ouvre également [un nouveau blog->http://www.meilcour.fr/]) : le web est-il en train de devenir {“l’espace public numérique”}, nouveau lieu d’expression de {“la démocratie numérique”} ?

La fin des journaux et l’avenir de l’information

[bleu]{“La fin des journaux et l’avenir de l’information}”, Bernard Poulet, 2009, Gallimard, 210p., 15,90€.[/bleu]

[rouge]Ce livre est le meilleur que j’ai lu depuis bien longtemps. Il traite précisément de la même question qui me préoccupe sur ce blog depuis sa création : les journaux, le journalisme et même l’information, ont-ils un avenir à l’heure d’internet ? Au terme d’une enquête, qui aborde la question sous tous les angles, Bernard Poulet arrive à la même conclusion que je tire ici. C’est dire à quel point j’en recommande la lecture, avec peut-être plus d’insistance que je ne l’ai jamais fait jusque là sur ce blog.[/rouge]

Le bilan de l’enquête de Bernard Poulet est clair. La survie de la presse écrite quotidienne est très fortement compromise, si elle n’est pas carrément condamnée. L’avenir des journalistes n’est pas assuré, le journalisme professionnel lui-même peine toujours grandement à se trouver une place en ligne. Peut-être tout simplement parce qu’il n’en a pas… C’est même la possibilité réelle du maintien d’une information de qualité dans nos démocraties qui devient l’enjeu crucial des années qui viennent. Pour des raisons économiques et technologiques, mais pas seulement. Pour des raisons sociologiques aussi, qui sont peut-être plus profondes – et irréversibles – : les gens, et notamment les jeunes, souhaitent-ils toujours s’informer, s’intéressent-ils vraiment à l’information ?

La solution ? Bernard Poulet n’en a pas. Espérant lui-même pécher par excès de pessimisme, le journaliste s’interroge. Passant en revue toutes {“les expériences”} en cours, essentiellement sur internet, mais aussi ailleurs, on sent bien qu’il espère qu’il s’en trouvera une pour réussir, pour dégager l’horizon du journalisme et de l’information, qui est aujourd’hui… totalement bouché.

Les lecteurs réguliers de ce blog auront reconnu là une vision très proche de celle que je propose ici-même depuis les débuts de cette “entreprise novövision”, qui est aussi une sorte d’enquête personnelle “en train de se faire” sur l’avenir du journalisme, et qui parvient aujourd’hui… à la même conclusion (que nous espérons, évidemment, provisoire).