La paix des chiens

• Cynisme, adj. et subst. Étymol. et Hist. – 1. 1375, éd. 1531 philosophes ciniques « qui appartient à l’école philosophique d’Antisthéné » (Raoul de Presles, Cité de Dieu, 1 de R. Hist. litt. Fr. t. 8, p. 505); – 2. 1552 à la cynique « comme des chiens, impudemment » (Rabelais, Tiers Livre, éd.…

Internet est-il la voix du peuple ?

Certains voient dans l’expression libre qui se déploie sur internet, souvent marquée par des opinions “radicales” et même parfois de la “colère” ou du “ressentiment”, une sorte de “voix du peuple”, un “miroir de l’opinion”. Cette expression serait celle “simplement des citoyens, des Français”… C’est oublier que de nombreux éléments nous indiquent au contraire que…

Hadopi et l’utopie de la cyberdémocratie

La mobilisation en ligne contre le projet de loi Hadopi est un beau cas d’école d’observation en direct de l’émergence, ou non, de la cyberdémocratie que des prophètes tels que [Pierre Lévy->http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Lévy_(philosophe)] nous annoncent depuis des années, ou même de cette démocratie participative que certains voient poindre tous les matins…

Où en sommes nous avec Hadopi ? Une intense mobilisation en ligne, en direction de l’opinion comme vers les députés… et rien ne se passe comme on voudrait au Parlement.

L’exemple du Parti socialiste est intéressant. Arrêtons-nous dessus un instant : les meilleurs spécialistes de la question au PS sont contre le projet, les militants du parti les plus impliqués sur internet se mobilisent également contre lui. Mais les sénateurs ont voté pour, et il semble bien que bon nombre de députés socialistes s’apprêtent à faire de même. [mise à jour en fin de texte]

Alors, la démocratie participative, ça ne marche pas, même au PS ? D’ailleurs est-ce que ça avait vraiment fonctionné avec la campagne de Ségolène Royal ? Et Obama sur internet, est-ce que c’était vraiment de la démocratie participative ?

Et si l’intérêt principal d’internet en politique, là-où ce nouvel outil se montre
vraiment utile et efficace, et en mesure de changer la politique en profondeur, ce n’était pas tant dans l’élaboration de la loi (ou des programmes) “en mode wiki”, mais dans les capacités de contrôle des citoyens sur l’action des élus et les nouveaux moyens offerts pour leur demander des comptes ?

Dans cette optique, le message à envoyer aujourd’hui à nos députés, c’est, tout simplement : on vous attend au tournant, on se souviendra de tous vos votes en 2012. Et si on a oublié d’ici-là, le web nous le rappellera… A bon entendeur…

Internet, une arme des classes moyennes contre les élites médiatiques

La lecture de ce billet d’Emmanel Parody, sur ecosphère, il y trois semaines ([“Crise de la presse: moins une question de qualité des contenus que de clivages sociaux”->http://ecosphere.wordpress.com/2009/01/30/crise-de-la-presse-moins-une-question-de-qualite-des-contenus-que-de-clivages-sociaux/]), m’a troublé. Je n’ai cessé d’y réfléchir depuis, et je m’étais promis d’y revenir sur ce blog.

Emmanuel ouvre un débat, qui n’avait pas vraiment été ouvert auparavant, me semble-t-il : la place des clivages sociaux, voire des conflits sociaux, sur internet, notamment dans les rapports des internautes avec les médias en général, et les médias “dominants” (ou vus comme tels) en particulier, en ce qu’ils seraient “la voix des élites”.

A y réfléchir, Emmanuel me semble proposer une clé d’interprétation extrêmement intéressante, en mettant en avant le conflit des classes moyennes, en voie de déclassement social et de prolétarisation dans la société française contemporaine, avec des médias qu’elles estiment ne pas les représenter, ne pas rendre compte de leurs difficultés, et qu’elles accusent même de se faire les alliés d’une élite dominante qui ne prend pas en compte leurs problèmes. Internet pourrait apparaître ainsi, à leurs yeux, en effet, comme un recours, un espace privilégié d’expression de leur malaise social.

Les classes moyennes, et en réalité surtout les plus jeunes générations, seraient ainsi assez enclines à lancer un procès en légitimité à tout média soupçonné de représenter ces “élites” et tentant de s’implanter sur un internet considéré comme un espace réservé de la démocratisation…

Les invisibles se montrent

Les “invisibles” se sont montrés ce samedi et je suis allé voir à quoi ils ressemblaient. Le comité de soutien aux {“inculpés du 11 novembre”}, soupçonnés des sabotages de lignes de TGV, cette {“ultra-gauche de la mouvance anarcho-autonome”}, qui fait tellement peur à Michèle Alliot-Marie, appelait en effet à manifester à Paris.

Alors que le livre {“L’insurrection qui vient”}, signé du {“Comité invisible”}, dont semblent en effet se revendiquer ces manifestants qui glorifient {“le sabotage”}, se donne pour modèle les émeutes des banlieues de 2005, je n’ai pas constaté ce samedi la moindre {“jonction”} entre deux groupes de la jeunesse dont les intérêts ne sont pas forcément convergents.

Autant les émeutes de 2005, bien loin d’être l’expression d’un quelconque mouvement “ethnique”, marquaient bien au contraire le malaise de l’ensemble de la jeunesse des banlieues pauvres, toutes couleurs de peau confondues, autant les jeunes qui manifestaient ce samedi présentent un profil homogène de {“petits blancs”}, qui laisse plutôt supposer qu’ils sont issus des classes moyennes.

Si ces deux jeunesses expriment toutes les deux leur malaise, elles ne semblent pas le faire de la même manière, et – en tout cas, pour le moment – elles ne le font pas ensemble…

Tarnac : retour sur le fiasco d’une enquête policière

L’affaire de Tarnac, cette enquête sur les sabotages de lignes TGV en octobre et novembre dernier, est en train (c’est le cas de le dire) de virer au fiasco pour la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie.

Ou comment à trop vouloir démontrer l’existence d’une prétendue {“résurgence d’un terrorisme d’ultra-gauche de la mouvance anarcho-autonome”}, on en vient tout bonnement… à reconstruire la réalité.