la chambre

Boucler la boucle, poser des jalons…

S’inventer des doubles… et s’absenter du système.

” Être brillant, ce sera… cela : la faculté qu’a un être de s’inventer des doubles qui le prolongent et le protègent, des doubles qui miroitent, des doubles qui captent les rayons x-y-z, des doubles novö qui… surfent sur les ö.

Être novö, c’est s’absenter d’un système dans lequel la lumière est coupée à 65% de strychnine et de lactose.

Être novö, c’est s’inventer un drugstore dans l’espace : le Land.

Être novö, c’est s’inventer un éclairage sous la peau : le Light.

Être novö, c’est appliquer à l’illumination l’art samouraï du maniement d’un sabre-laser.

Être novö, c’est souhaiter que l’esclave obéissant du moyen âge, le serf, s’efface devant l’esclave éblouissant du nouvel âge : le double.

…I’Il be your mirror.

reflect what you are..

in case you don’t know

Être novö, c’est être l’esclave et le réflecteur de soi-même… “

Dissident de tout.

« Être novö, c’est être dissident de tout : y compris, et surtout, de soi-même. »

La supériorité avec absence.

” Être novö, c’est s’avancer vers la mort armé d’un novömatik à infrarouges : s’avancer vers le miroir avec l’idée d’y réussir, finalement, un parfait polaroïd de soi-même. clik,

clak, (ici s’achève « NovöVision »)

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11,000 années-qualude : postlude. Ainsi, Yves Adrien avait écrit un livre…

Orphan, qui pratiquait la supériorité avec absence (un peu comme l’on prend des vitamines au petit déjeuner), décida qu’il passerait l’hiver prochain en Floride.

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(fin du livre)

« Novövision. Les confessions d’un Cobaye du siècle », Yves Adrien, 1980, Speed 17.

narvic, qui pratiquait la supériorité avec absence (un peu comme l’on prend des vitamines au petit déjeuner), décida qu’il passerait l’été prochain dans le monde réel. 😉

« Novövision. Les confessions d’un Cobaye du siècle », narvic, 2009, internet.

(fin du blog)

Jalons

«Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s’annonce comme une immense accumulation de spectacles. Tout ce qui était directement vécu s’est éloigné dans une représentation.»

Guy Debord, “La société du spectacle”, 1971.

«Ainsi la société de consommation fut-elle vécue sous le signe de l’aliénation, comme société du spectacle – mais justement, il y avait du spectacle, et le spectacle, même aliéné, n’est jamais obscène. L’obscénité commence quand il n’y a plus de spectacle, plus de scène, plus de théâtre, plus d’illusion, quand tout devient d’une transparence et d’une visibilité immédiate, quand tout est soumis à la lumière crue et inexorable de l’information et de la communication.»

«De toute façon, nous aurons à souffrir de cette extraversion forcée de toute intériorité, de cette introjection forcée de toute extériorité que signifie l’impératif catégorique de la communication. Peut-être faut-il user ici de quelques métaphores venues de la pathologie. Si l’hystérie était la pathologie de la mise en scène exacerbée du sujet, de la conversion théâtrale et opératique du corps, si la paranoïa était la pathologie de l’organisation, de la structuration d’un monde rigide et jaloux, nous sommes, avec la promiscuité immanente et la connexion perpétuelle de tous les réseaux dans la communication et l’information, dans une nouvelle forme de schizophrénie.

Plus d’hystérie, plus de paranoïa projective à proprement parler, mais cet état de terreur caractéristique du schizophrène : une trop grande promiscuité de tout, une promiscuité infecte de toute chose, qui l’investit et le pénètre sans résistance, sans qu’aucun halo, aucune aura, pas même celle de son propre corps, ne le protège.

Le schizophrène est ouvert à tout en dépit de lui-même, vivant dans la plus grande confusion. Il est la proie obscène de l’obscénité du monde. Ce qui le caractérise est moins la perte du réel, comme on dit d’habitude, que cette promiscuité absolue et cette instantanéité totale des choses, cette surexposition à la transparence du monde.

Dépouillé de toute scène et traversé sans obstacle, il ne peut plus produire les limites de son propre être, il ne peut plus se produire comme miroir. Il devient pur écran, pure surface d’absorption et de résorption des réseaux d’influence.»

Jean Baudrillard, “L’autre par lui-même”, 1987.

Je resterai narvic pour longtemps (du moins pour moi-même), mais je réendosse aujourd’hui mon identité originale pour revenir dans le monde réel. Je m’absente de ce monde virtuel, de “cette promiscuité absolue et cette instantanéité totale des choses, cette surexposition à la transparence du monde”… Ce cybermonde “dans lequel la lumière est coupée à 65% de strychnine et de lactose”.

Julien Coupat se trompe. Nous sommes déjà bien au-delà du spectacle de la société de consommation. Nous sommes dans l’extase de la société de l’information et de la communication. Vouloir être invisible est un projet naïf, quand nous sommes tous aujourd’hui sommés de devenir… transparents.

Nous sommes bel et bien en train de construire, dans le laboratoire d’internet, la version 1.0 de la matrice de Matrix… Le cobaye narvic peut vous le dire, il en a expérimenté les prémices. C’est son histoire que je vais maintenant tenter de raconter. Ailleurs, autrement…

Guy.