sur le web

Bataille pour une info atomisée

Sur Time, Michael Scherer souligne le nouveau régime d’une information en ligne atomisée, qui se “vend” article par article et non plus en paquets préfabriqués, comme au temps des journaux. Ce changement se fait au prix d’une concurrence au coup par coup de plus en plus vive et pas forcément bénéfique pour la qualité des contenus…

(noir)C’est un changement fondamental qui s’est produit dans le secteur de l’information : avec l’Internet, vous, le lecteur, vous n’avez plus à acheter l’information en paquet préfabriqué comme “les journaux.” Vous pouvez simplement aller en ligne et sélectionner un par un les articles que vous voulez lire. Et il ya beaucoup de sites web et de blogs pour vous aider. Chaque jour, Matt Drudge, le Huffington Post, Yahoo, Google, Swampland, ou une centaine d’autres blogueurs, pré-sélectionnent les articles et vous fournissent des liens. C’est vous qui choisissez votre propre aventure.

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(noir)Le règne de “l’article blockbuster”(/noir)

“Effet corollaire” de cette situation nouvelle : “Comme la valeur du paquet baisse, la valeur de l’article seul augmente”. Un “coup” en ligne, c’est un article unique, pas un site en entier : “un article blockbuster, qui est très lié, c’est de l’argent en banque”.

(noir)Cela signifie que la concurrence au niveau de chaque article est plus intense que jamais, et il ya une pression énorme pour se distinguer individuellement du peloton.

(noir)(…) Si vous dites quelque chose de provocateur, d’une façon nouvelle ou inattendue, vous réussirez en ligne. Si vous jouez la sécurité, ça ne marchera pas.

(noir)(…) Cette tendance à la compétition article par article, au delà de la concurrence “paquet contre paquet” est une bénédiction et une malédiction. Ça force à mieux écrire et à plus de réactivité, cela accroît la valeur d’un réel traitement de l’information et d’une réflexion lucide (traduction collaborative… voir en commentaire ;-)). Mais c’est aussi une pression croissante sur les reporters à repousser les frontières de la provocation.

(noir)(…) Les implications pour les fournisseurs de contenu sont énormes. Vous ne pouvez plus contrôler les «conteneurs». Vous devez laisser le flux de contenu aller où les utilisateurs le veulent, et joindre votre marque – et peut-être de la publicité et du commerce électronique – à ces “atomes” libres.

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4 Comments

  1. Une « nouvelle » donne dans laquelle les journaux français, de par leur difficultés plus anciennes, semblent avoir pris un peu d’avance : affaire du SMS sur le site du Nouvel obs, vidéo du salon de l’agriculture sur le site du Parisien, par exemple.

    En plus de l’aspect concurrentiel attisé par la course aux liens, je crois qu’il y a aussi (surtout ?) une notion d’immédiateté qui est (nouvelle ?) propre au net : réagir et publier de suite sur les sites, ne pas être dépendant des bouclages et des délais de production propre au papier. Dès que quelque chose se passe, chaque journal en ligne se doit d’être dans les premiers à en parler ou à avertir ses abonnés par des alertes mails. Cela n’est pas sans quelques ratés, parfois.

    (J’en profite pour écrire que j’aime beaucoup ton blog que je connais depuis peu — très bon l’article « Le spleen d’un immigrant du numérique » !)

  2. merci ouinon (moi je te lis depuis plus longtemps – j’apprécie tes cartes de la blogosphère – et ton idée de blog reprenant les commentaires que tu fais ailleurs est très originale) 😉

    Tes deux exemples du SMS du NouvelObs, et de la vidéo du Parisien témoignent bien de cette course à l’audience, qui pousse clairement vers le sensationnel et l’immédiat.

    Mais dans ces deux cas, j’ai l’impression qu’il y a quand même une idées qui reste derrière de capter du trafic sur un “coup”, en espérant en garder une partie de manière plus durable sur le site…

    Ce qui me parait nouveau dans le billet de Michaël Scherer, c’est la perspective que ce régime du coup par coup se généralise et ne ramène aucun trafic durable à aucun site, car tout le système fonctionne au coup par coup et qu’il n’y a plus aucune “fidélisation” réelle à une source en particulier…

    Tout est à recommencer chaque matin, dans une concurrence chaque jour de plus en plus dure pour parvenir à “faire passer” son info…

    La viabilité économique d’un tel système est très incertaine, et pour les journalistes, il serait très très précaire et inconfortable…

    Décidément, la “nouvelle société de l’information” ne ressemble pas du tout à un Eldorado pour les journalistes.

  3. cela accroît la valeur d’un réel traitement de l’information et d’une réflexion lucide

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