sur le web

Avis de décès officiel du web 2.0

Michael Arrington (TechCrunch – en anglais) et Ouriel Ohayon (TechCrunch – en français) ne sont pas d’accord sur la date du dècès, mais ils s’accordent à déclarer officiellement mort le Web 2.0. Si c’est TechCrunch qui le dit…

En tout cas, voilà une bonne chose de faite.

Les lecteurs de novövision n’en seront pas surpris. On les avait déjà prévenus depuis un moment. :B-)

Ouriel Ohayon :

“Le Web2.0? n’est pas mort avec l’arrivée de cette crise, il est mort depuis moment. Un long moment. Quand exactement? Depuis qu’il est devenu un mot fourre-tout que personne ne sait définir, que les startups se déclarent “web2.0? avant même de dire ce qu’elles font, que des consultants spécialisés Web2.0 se présentent en tant que tels, que tout est 2.0 alors que l’on a pas pris le temps de creuser sur la vraie signification de son activité et de l’innovation que des médias essaient d’anticiper le 3.0 sans vraiment de quoi il s’agit.

(noir)Cette crise va être la fin d’un cycle et d’un certain rythme d’innovation. Et s’il faut pour cela adopter une attitude symbolique alors mettons l’expression “Web2.0? au placard. Une fois pour toutes. Parlons de Web et de ses nouveaux défis. De son avenir et des énergies nécessaires pour maintenir un web de qualité. Assez de cette expression qui devrait être au musée des expressions depuis un moment.


On vous a pas mal bassiné parlé de l’escroquerie du Web 2.0 sur ce blog depuis sa création. Pour cette oraison, je ne retiendrai que ça :

“Le Web 2.0 : une bulle qui se dégonfle lentement” (28 juillet 2008)

A mesure que nombre des promesses du Web 2.0 se révèlent être des mirages, combien faudra-t-il encore de temps pour que la bulle se dégonfle totalement ?

Les apôtres du Web 2.0 se sont révélés être des champions du marketing, ils ont fort bien vendu leur produit. On peut se demander aujourd’hui si ce produit valait si cher et même s’il valait quelque chose…

Deux des grandes promesses du Web 2.0 s’effondrent lentement sous nos yeux :

le contenu généré par les utilisateurs (UGC, User generated content) est une mine d’or. On peut bâtir toute une industrie sur cette matière première gratuite, en se passant désormais des contenus payants fournis par des professionnels.

• l’ère de la participation généralisée est ouverte. Les nouvelles relations sociales sont horizontales et partagées. Laissons s’exprimer et s’organiser librement les foules que ne demandent que ça : le Web 2.0 donne enfin corps à l’aspiration messianique à la démocratie directe et participative.

Le contenu généré pas les utilisateurs se révèle de piètre qualité et se “vend” très mal. La participation ouverte à tous n’intéresse finalement qu’une très infime partie des internautes.


“Le Web 2.0 en perspective” (9 septembre 2008)

Le web 2.0 en perspectives. Une analyse socio-économique de l’internet”, Franck Rebillard, 2007, L’Harmattan, 160p., 15€.

Le petit livre (160 pages), très stimulant, de Franck Rébillard propose une déconstruction méthodique du discours du “web 2.0“, formule forgée au milieu des années 2000, qui prophétise une “révolution interrnet”, “qui célèbre l’avènement d’un nouvel âge de l’internet et la promesse d’une véritable transformation de la société.”

Le chercheur montre qu’est plutôt à l’oeuvre, depuis plusieurs dizaines d’années, une “convergence” entre les industries des télécommunications et de l’informatique avec les industries de la culture et des médias, faisant de l’internet “un dispositif de communication total”, où coexistent et s’interpénètrent les sphères autrefois séparées privées et public, professionnelle et amateur.

Dans le domaine culturel et informationnel, la nouveauté la plus intéressante pourrait être la modification en profondeur de la “fonction éditoriale” qui semble “en voie d’hybridation”.

Ce mouvement est bien une nouveauté, mais il est progressif. Ce n’est pas une révolution…


Quant à notre grand visionnaire du web francophone qui assurait en août dernier que j’en “rajoutais” “dans l’anti web 2.0” “pour me faire connaître” (SIC ! :’-)) ). Il se reconnaîtra lui-même et je n’aurai pas la cruauté de pointer un lien vers son blog. D’ailleurs quel blog ? 😛

7 Comments

  1. Les vraies révolutions son toujours progressives comme l’écriture par exemple, la souveraineté, l’industrie, la Nation… Il y a sans doute autre chose de profond dans le web ou peut-être que ce n’est qu’un passage. Mais dans l’itération 2.0 il y a déjà l’idée de progressivité donc ça ne me semble pas révolutionnaire de considérer que le web n’est pas une rupture en soi.
    Après j’ai quand même l’impression que le web (vu comme simple développement de l’informatique) soulève des problématiques lourdes qui lui préexistaient.

    Par rapport au marketing c’est quoi le problème ? Faut le supprimer ou alors il n’y a que pour le web qu’il est illégitime ?

  2. @ ropib

    Tu joues allègrement avec les mots… 😉

    “Révolution” contient la notion de rupture, de mouvement brusque, voire brutal.

    Une “évolution” est un mouvement progressif, le contraire d’une “rupture”, elle sous-tend une idée de “continuité” alors que rupture = discontinuité.

    Une “révolution progressive” est un oxymore: genre “douce violence”… 🙂

    On ne peut être à la fois dans la “révolution” et dans le “progressif”, où alors on est dans poésie (ce qui est très bien aussi)… 🙂

    Le web 2.0 avait affirmé l’existence d’un point de rupture très précis, au milieu des années 2000 : avec un avant et un après, et après tout allait changer.

    On s’aperçoit que beaucoup de chose changent en effet, mais que les mouvements les plus importants sont à l’oeuvre depuis plusieurs décennies déjà. Avant le web. Avant même internet…

    Le marketing intervient là-dedans en ce que l’idéologie du web 2.0 se révèle n’avoir été qu’une opération de marketing bien orchestrée, destinée à faciliter les levées de fond de quelques start-up de l’informatique et du web, qui ramaient un peu pour convaincre les investisseurs après l’éclatement de la bulle internet de la fin des années 1990. Ceux qui ont cru que c’était un véritable mouvement de société sont tombé dans le panneau.

    Ils me font rire aujourd’hui… 🙂

    Et je ne vais pas me gêner aujourd’hui pour jubiler… B-)

  3. J’ai toujours eu un problème avec le web 2.0, en tant que web participatif. Plus précisément je n’ai jamais compris la différence entre usenet, un forum, et le web participatif.

    D’un autre coté, pour moi, le web 2.0 c’est les applications web, AJAX, Flex, Silverlight et JavaFX(?). De ce point de vue là, le web 2.0 n’est pas mort.

    Si on doit suivre Tim O’reilly ( http://www.oreillynet.com/pub/a/oreilly/tim/news/2005/09/30/what-is-web-20.html )

    The Web As Platform : Toujours pertinent, Google Chrome en est la preuve.

    Harnessing Collective Intelligence : C’est bien le sens des collections de liens, des classements …

    Data is the Next Intel Inside : L’accès aux données reste une problématique importante.

    End of the Software Release Cycle: C’est plus technique mais c’est bien le sens des beta perpetuelles.

    Lightweight Programming Models : C’est ce qui vous permet d’utiliser l’API de delicious pour votre collection de liens.

    Software Above the Level of a Single Device : Tout le monde adore Gmail.

    Rich User Experiences : C’est justement Ajax, Flex/Flash, Silverlight et JavaFX. Toutes ces technologies ne s’en vont pas.

  4. Cinq smileys dans une seule réponse, c’est plus que ma petite cousine sur MSN… Mais il paraît qu’ici on a tout compris au web 2.0…

  5. Je persiste à parler de révolution progressive parce que tout est affaire d’échelle. Il est vrai que nous avons l’habitude de considérer que 10 ans c’est une époque mais ce biais n’existe que depuis l’invention des médias modernes qui usent du marketing pour vendre leur couverture superficielle de l’instantanéité.

    Au sujet du web 2.0 j’ai personnellement vécu ce changement entre le web dit 1.0 et celui dit 2.0. Au niveau du fournisseur, du producteur, il n’y a pas grand chose à dire (j’étais en plein dans mes études d’informatique, apprenant comment fournir les informations et bénéficiant des moyens privilégiés de mon université pour les consommer) et c’est pour cela que délimiter parfaitement le web2.0 est compliqué: c’est l’usage qui a changé et ce de manière très rapide. Il y a convergeance de plusieurs faits au niveau du réseau, de l’accès à celui-ci, des technologies employées, des investissements, des campagnes marketing… Ainsi pour un technicien le web2.0 c’est Ajax, pour un marketeur c’est une manière de s’adresser au client.

    Ce qui est abusif dans l’appellation “révolution” au sujet du web2.0 n’est pas en rapport avec la rapidité mais avec l’importance du phénomène de rupture au regard du mouvement général qu’est le développement du web. Une révolution est un rapport entre l’importance d’un changement et sa rapidité, permettant d’identifer un avant et un après (l’apparition d’une nouvelle espèce est une révolution sur une échelle de temps biologique et pourtant elle se fait sur plusieurs centaines d’années, parfois des milliers). Parlons d’itération tout simplement: ce n’est pas rien une itération et ce n’est pas non plus gigantesque.

  6. @ André

    Surtout compris qu’il n’y avait rien à comprendre…

    Sinon TechCrunch m’avait pas dit qu’il fallait arrêter les smileys aussi… 🙁 (Oouups, y en a encore un qui m’a échappé)

  7. Le web 2.0 n’etait qu’une manoeuvre marketting: tout ce qu’il propose existait avant. Au plus on a etendu et amelioré des technologies existantes (le premier qui me dit qu’AJAX est revolutionnaire gagne le droit d’aller se pendre)

    Originellement le web 2.0 faisait reference a une reelle évolution du web, bien sur dans la forme mais surtout sur le fond, avec en particulier l’introduction de technologies permettant une meilleure gestion/interpretation des donnees par la machine, voire une reelle couche semantique , fût-elle fine (on peut rêver)

    Qu’est-ce qu’on a vendu comme web 2.0 ? Un web plus interactif (mais il l’etait deja), plus participatif (il l’etait deja, du moins quand on permettait aux utilisateurs de participer), un web plein de valeur a prendre vite vite vite pour se faire des sous (on nous avait fait le coup quelques années auparavant, ce qui avait mené à la première bulle internet)

    Tout ça pour dire “bon débarras, à la prochaine fois et que cette prochaine fois les explications bidon soient au moins aussi sexy que ceux des pubs L’Oréal parce que nous les internautes le valont bien”

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