sur le web

Autopromo : j’ai mis un pied dans les vieux médias

Une fois, enfin deux, ce n’est pas coutume. Je suis habituellement réticent à m’exprimer dans les vieux médias, j’ai fait deux exceptions ce vendredi pour deux médias traditionnels qui ne le sont en réalité pas tant que ça : ce sont des médias de journalistes et le support est traditionnel, le papier dans un cas, la radio dans l’autre, mais il s’agit de deux des médias les plus ouverts au net à mon avis :

L’atelier des médias, sur RFI, et l’hebdo Vendredi.

De toute façon, c’était pour y parler du net. :o)

Sur Radio France Internationale

• J’ai répondu aux questions du journaliste-blogueur Philippe Couve, dans l’Atelier des médias, la web-émission participative de Radio France Internationale, en compagnie du blogueur pas journaliste Enikao et du journaliste-blogueur Eric Mettout, patron de l’express.fr.

Atelier des médias (RFI) : Les blogs et les blogueurs sont-ils les sauveurs ou les fossoyeurs du journalisme?

Il y a été beacoup question de l’expérience menée sur l’express.fr de collaboration blogueurs/journalistes à la réalisation du site de l’hebdomadaire à l’occasion du 3001e numéro de sa version papier, j’en ai déjà parlé ici.

On y a parlé, bien entendu, de ce qui peut faire la différence, ou pas, entre les blogueurs et les journalistes. Vous connaissez mon point de vue à ce sujet, si vous lisez ce blog régulièrement. 😉

Je n’aime pas spécialement m’exprimer à l’oral dans le format de l’enregistrement en conditions du direct (ce qui est la formule de l’Atelier des médias : l’enregistrement a eu lieu ce vendredi à 10h15), même si je préfère encore ça à un enregistrement qui donnera lieu ensuite à un montage par quelqu’un d’autre qui n’est pas moi et qui produira quelque chose qu’on m’attribuera mais sur lequel je n’aurais aucun contrôle. A me réécouter après coup, avec une petite pointe d’inquiétude, j’estime cette fois que je suis parvenu à dire ce que je souhaitais, à peu près comme je l’aurais exprimé à l’écrit, ce qui est la forme d’expression que je maîtrise le mieux…

Sur Vendredi

• L’hebdomadaire papier Vendredi (1,50 €, dans tous les bons kiosques), reprend cette semaine deux des billets d’éditö, le blog dans le blog, petit frère de novövision (billets en version adaptée pour le papier, c’est à dire réduite, et avec beacoup moins de liens et en plus pas cliquables. 🙁 Mais merci quand même. 🙂 (Ces billets, pour Vendredi, sont repris avec mon autorisation préalable et sont – modestement – rémunérés. Une pratique qui ne va pas m’enrichir, mais qui est respectueuse des blogueurs qui sont repris, ce que je ne saluerai jamais assez, si vous voyez à quoi je fais référence)) :

Tarnac : retour sur le fiasco d’une enquête policière
L’invention d’un gauchisme post-nucléaire (note de lecture de “L’insurection qui vient”)

Ainsi que le billet de Koztoujours sur le même sujet, qui avait suscité le mien en réponse :

Lévy & Coupat, simples fétichistes des voies de TGV seine-et-marnaises ?

Pour couronner le tout, la rédaction de Vendredi m’a demandé gentiment un billet spécial pour sa page d’accueil( On dire toujours ça pour les journaux papier, je ne me souviens plus ? 😛) (“L’Invité de la semaine”), dont ses lecteurs ont eu l’exclusivité, et que je republie ici pour les miens qui ne veulent vraiment pas jeter un oeil sur Vendredi, qui passe pourtant à partir de cette semaine à 12 pages (pour le même prix), avec plein de choses à lire (ou à relire) dedans, notamment un dossier complet de deux pages très intéressant sur “La maternité de Rachida Dati secoue la blogosphère féminine” (Désolé, pas de liens. Il faut enfiler la robe de chambre et sortir jusqu’au kiosque. 😉) .

Une nouvelle diététique de l’information

(noir)C’est une histoire de courbes qui se croisent : pour la première fois en décembre 2008, aux Etats-Unis, le nombre des gens qui s’informent sur internet a dépassé ceux qui préfèrent la presse écrite. Quant aux jeunes, ils vont en ligne directement sans passer par le papier. La messe est dite. On ne sauvera pas les journaux, on prolongera tout au plus leur agonie en les plaçant sous perfusion.

(noir)Le petit restaurant de la presse quotidienne où l’on déjeunait d’un plat du jour, menu imposé par le chef, pas très varié, mais la recette était traditionnelle et les produits du terroir, s’est tranformé en ce vaste bazar d’internet en libre-service. L’offre est immense, mais la cuisine est parfois baroque, la provenance des produit pas toujours certaine et leur composition peu contrôlée.

(noir)Obésité, crise de foie, ou intoxication alimentaire sont les nouvelles menaces qui pèsent sur l’internaute. Celui-ci doit apprendre les règles d’une nouvelle diététique de sa propre information, s’il veut échapper à la maladie.

(noir)Le long billet tiré de mon blog que Vendredi publie cette semaine est une sorte d’expérience de cette nouvelle diététique…

(noir)Pas de scoop, aucune révélation dans ce billet consacré à l’enquête sur les sabotage de lignes de TGV en novembre dernier. Toutes les informations qu’il reprend étaient déjà publiées, quelque part sur le web. Comme dit l’autre, c’est du “journalisme en pyjama”, entièrement “fait à la maison”. Vous auriez pu le faire vous-mêmes, au prix de quelques heures de travail, et en sachant chercher.

(noir)Mon objectif, avec cet exemple qui rejoint l’idée des “netenquêtes” de Vendredi, est de vous montrer comment chaque internaute peut devenir l’acteur de sa propre information. Des journalistes pourraient vous y aider et ça pourrait même être un nouveau job en ligne : non plus le chef cuistot, puisque désormais règne le pique-nique, mais un conseil en diététique. Qu’en pensez-vous ?

(noir)PS: Normalement, dans un blog, vous avez un espace là, juste en-dessous, pour les commentaires. 😉

(/noir)

A propos du “journalisme en pyjama”

J’étais contraint pour ce billet à une limite stricte de 2000 signes (que j’ai respectée, foi d’ancien secrétaire de rédaction, typomètre en main !). Avec le web, je me suis largement affranchi des anciennes contraintes de cet ordre (il parait que la longueur de mes billets sur ce blog a été remarquée par certains. Ah oui ? 😛 ), et cet exercice m’est devenu un peu frustrant.

D’abord écrire court, c’est long. Beaucoup plus long que d’écrire long: cent fois sur l’établi tu remettras l’ouvrage, jusqu’à ce que la longueur demandée il fasse, ni plus, ni moins.

Ensuite il faut choisir. On ne peut jamais dire tout.

J’aurais aimé avoir la place d’apporter une précision. Je le fais donc ici.

Qu’est-ce que ce très long billet sur l’enquête policière à propos de l’affaire des sabotages de ligne TGV, en novembre dernier ?

Une enquête ? Une “contre-enquête” même, comme le dit Vendredi en titre ? Je ne sais pas très bien qualifier ça. Ça n’a rien d’une enquête journalistique classique, car je n’apporte à vrai dire aucune information nouvelle à laquelle les internautes n’avaient pas déjà accès. Sauf que personne n’avait auparavant signalé certaines des informations que j’ai reliées à cette affaire et proposé la même lecture de l’ensemble auparavant.

Pour trouver ces informations et les recouper, il fallait du temps et de la méthode. Il fallait savoir chercher. Ne pas hésiter à éplucher des centaines de messages dans des forums divers, suivre des dizaines de liens vers des articles de presse et des billets de blogs disponibles en ligne, en français comme en allemand, et donc savoir interroger des moteurs de recherches divers pour découvrir ces liens, lire leur contenu, l’évaluer.

Puis synthétiser le tout.

C’est à la fois un travail que chacun aurait pu faire, parce que les sources étaient disponibles, mais ça demande un vrai travail. Il s’agit certes de “journalisme en pyjama”, mais à mon sens c’est du journalisme tout de même. Il ne remplace pas le journalisme de terrain : le travail de terrain préalable de Mediapart, qui a publié des informations vraiment nouvelles sur cette affaire (tardivement repérées par les autres médias d’ailleurs), était indispensable au mien, par exemple.

Je n’imagine pas, par cet exemple, avoir donné quelque lettres de noblesse que ce soit à un nouveau genre journalistique de journalisme “entièrement fait à la maison”. Mais si j’ai pu vous convaincre que celui qui voulait chercher, avait le temps pour ça et appris à le faire, pouvait par lui-même s’informer mieux sur internet qu’en restant passif devant les médias… j’aurais alors l’impression que nous aurions fait un très grand pas en avant dans la bonne direction. 🙂

1 Comment

  1. Le format sonore est toujours plus complexe : ramassé, il faut mettre le ton, trouver les mots au bon moment, rebondir sur les questions. Sois rassuré, ta prestation est tout à fait claire et, il m’a semblé, fidèle à ce que tu dis par écrit.

    Pour trouver ces informations et les recouper, il fallait du temps et de la méthode. Il fallait savoir chercher. Ne pas hésiter à éplucher des centaines de messages dans des forums divers, suivre des dizaines de liens vers des articles de presse et des billets de blogs disponibles en ligne, en français comme en allemand, et donc savoir interroger des moteurs de recherches divers pour découvrir ces liens, lire leur contenu, l’évaluer.
    Puis synthétiser le tout.
    ” : si ça c’est pas la définition d’une enquête… 😉

    Ce n’est pas parce que personne ne l’a fait que ça n’a pas valeur d’enquête… bien au contraire, c’est la preuve d’un manque ! Manque d’envie, de temps ou de recherche dans la bonne direction. Pour ma part, je suis convaincu que cet éclairage sur l’affaire Tarnac (déjà, avec un nom pareil ça sentait pas bon… que dire si l’affaire se passai à Arnac-la-Poste, 87 160) est une belle réussite, du journalisme sans chaussettes, mulot et clavier à la main.

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