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Autocritique d’un journaliste

L’agitation autour de la remise au pas politique des médias rend Le Chafouin d’humeur… chafouine :

(noir)“La vérité, c’est que les journalistes sont tout à fait volontaires et donnent bien souvent le bâton pour se faire battre. Nombre d’entre eux acceptent de faire allégeance à tel ou tel, et pas uniquement dans le monde politique. Mais le fond de tout cela n’est pas particulier à S*** celui [dont on écrit pas le nom sur ce blog – NDR] : les journalistes ont toujours été et seront toujours dépendants du pouvoir, fascinés par le pouvoir, quel qu’il soit. Ils sont collectivement serviles. Il est là, le principal responsable de cette situation : ce n’est pas S***, mais un problème structurel des médias, qui sont trop dépendants des pouvoirs en tant que sources. Parce qu’ils ont perdu les moyens de faire de l’investigation, et que parallèlement, ces pouvoirs ont appris à centraliser la communication pour la maîtriser et empêcher les fuites.

(noir)Parallèlement à cela, il existe donc des journalistes qui fragilisent leur métier en se considérant juste comme des notables comme les autres, qui changent de cour ou d’allégeance comme de chemise. Qui bradent l’honneur d’une profession et surtout, qui minent les positions de leurs collègues. Sans que cela leur pose de problème de conscience.”

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(noir)“C’est pour toutes ces raisons que quand on parle de “pouvoir médiatique”, je me marre tranquillement dans mon coin. Comme si les médias avaient une âme collective! En réalité, il faudrait parler de force de frappe. Et elle est considérable, pour relayer une info, pour en cacher une autre, pour faire tomber un ministre, pour tenter d’imposer une avancée sur un sujet de société, mais il ne s’agit que d’un moyen : d’autres tirent les ficelles en coulisses, et les médias ne s’en rendent pas compte.”

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Note : Le Chafouin est lui-même journaliste.

6 Comments

  1. @ Le Chafouin

    Ouais, je te force un peu la main sur ce coup… 🙂

    j’ai déjà été confronté à la même problématique.

    Je pense maintenant qu’il vaut mieux endosser l’autocritique au nom des autres, qui à prendre soi-même sur le dos les largesses qu’ils prennent avec la déontologie, et que nous n’avons pas fait, plutôt que de leur laisser la porte de sortie de crier au crachage dans la soupe et se draper dans les lambeaux de leur dignité perdue ! 🙂

  2. Tu as raison… D’ailleurs, je pense que personne n’est exempt de critique, ce métier est très compliqué… Je pense qu’on rentre vite dans une routine (le pire ennemi du journalisme) où la conscience devient élastique au fil du temps…

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