le salon

Au point où nous en sommes, aujourd’hui, sur novövision…

Pour marquer le coup du ravalement de façade que vient de vivre novövision, qui passe à la période bleue, et aussi parce que quelques nouveaux lecteurs sont arrivés ici récemment et n’ont peut-être pas encore eu le loisir de se plonger dans les archives, l’idée m’est venue aujourd’hui de faire remonter à la surface les billets que j’ai préférés, parmi les 281 que j’ai publiés depuis le début sur ce blog.

On pourra comparer ma sélection à la vôtre, celle qui agrège la somme de vos lectures individuelles dans le Top10 des lecteurs de ce blog, qui figure au bas de cette page…

Cet exercice contribuera-t-il peut être à l’effort de synthèse de ce que j’ai écrit ici depuis quelques mois sur ces sujets qui m’intéressent (l’avenir du journalisme et le nouveau régime de l’information en ligne), une synthèse dont j’éprouve le besoin, même si j’ai du mal à y parvenir…
Je retiens 14 billets sur 281 publiés depuis le début. Ils me semblent rendre compte du projet annoncé par ce blog : “Penser en surfant, réfléchir en ligne”. Je n’ai pas de thèse à défendre, je réfléchis seulement à haute voix. Je ne sais pas où je vais, je ne sais pas où nous allons… Mais j’observe, je m’informe, et je vous fais partager en direct mes sources dans ma revue web.

J’ai l’impression d’être arrivé aujourd’hui à une étape, dans ce parcours poursuivi depuis quelques mois. J’ai besoin de synthèse et j’ai du mal à y parvenir. Les trois derniers billets de cette sélection étaient une tentative de synthèse. J’avais annoncé une suite, que je n’ai pas réussi à tenir.

Alors je reprends tout depuis le début…

Ma tentative de synthèse est finalement plus modeste que l’ambition initiale : exhumer 14 billets et les présenter dans un ordre réfléchi. C’est une manière de faire une pause. En espérant qu’elle me permettra de repartir vers de nouvelles aventures… 😉

Je vois aujourd’hui plus de sujets à creuser que de réponses à apporter aux questions que je me pose – et qui sont l’objet de ce blog – sur l’avenir du journalisme et sur le nouveau régime de l’information en ligne :
– blogs et journalisme : une remise en cause des fondements du journalisme “traditionnel” et l’émergence d’un journalisme “mutant”…
– l’impact d’internet qui disloque les médias anciens à tous les niveaux (le produit, le métier, l’industrie) et les recompose selon des modalités inattendues…
– le bouleversement politique que tout cela entraîne, les questions éthiques et déontologiques…
– et d’autres questions encore… Bien plus de questions que de réponses pour le moment…

Ce billet est donc un rapport d’étape, et un appel. Vous, qui suivez ma réflexion en ligne depuis quelques mois, dans quelles directions vous parait-il intéressant de poursuivre la réflexion ? Au point où nous en sommes aujourd’hui, qu’en pensez-vous ?

NovöVision et les cobayes d’un nouveau siècle

(noir)« Etre novö, c’est être dissident de tout : y compris, et surtout, de soi-même. » Il y a près de 30 ans, un comète a traversé la fin du siècle. Elle nous a laissé un message… Yves Adrien fut un « dandy nucléaire », son livre « NovöVision » est aujourd’hui le bréviaire de ses adeptes…

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Le spleen d’un immigrant du n
umérique

(noir)J’appartiens à cette génération inquiète des « immigrants du numérique », celle de la transition. Une génération fin de règne, une génération fin de race, qui a aujourd’hui la quarantaine…

(noir)Notre héritage est dévalué et nous n’avons rien à transmettre. Il nous faut tout réapprendre… J’envie l’insouciance de ces « natifs » du monde qui arrive, sans complexes ni censures, enthousiastes et sans préventions. Alors que nous sommes voués à l’inquiétude, sommés de faire en nous sans cesse le tri entre ce qui sert encore et ce qui ne vaut plus rien…

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Le vertige du monde selon Facebook

(noir)Avec Google, le web avait deux dimensions. Puis Second Life et les univers virtuels annonçaient le web en trois dimensions. Aujourd’hui Facebook s’affranchit de ces métaphores pour nous donner du web l’image d’une abstraction formidable et monstrueuse : le « social graph », une représentation mathématique embrassant l’humanité réelle dans sa totalité. Vertige…

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Variations sur la sérendipité

(noir)Je ne m’étais pas encore livré au petit jeu, qu’affectionnent les blogueurs, de pister les mots-clés incongrus ou déroutants ayant conduit d’improbables lecteurs vers novövision…

(noir)Je m’y suis mis aujourd’hui, en épluchant la liste de quelques centaines des derniers mots-clés ou expressions utilisés pour arriver ici. Le résultat est finalement plutôt rassurant. L’écrasante majorité des requêtes correspond bien à la thématique de ce blog (médias, journalisme et internet) et le lien avec l’article auquel a conduit la recherche est évident. Ouf !

(noir)Et puis il y a le reste… Du saugrenu au surréel, avec, bien entendu, une petite pointe de sexe…

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Quand l’info devient liquide…

(noir)Que vont devenir, les journaux, les sites de presse en ligne et aussi les journalistes, à l’heure où l’information de plus en plus « fragmentée » et « nomade », devient même… « liquide », menaçant d’une totale dilution les « marques » de presse, les traditionnelles, comme les nouvelles venues qui tentent de s’imposer sur internet ? Benoît Raphaël ouvre un passionnant débat, à travers sa « théorie du canon à info ».

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Mon information 2.0. Le rédacteur en chef, c’est moi !

(noir)Comment je m’informe 2.0 ?

(noir)Sur internet, je ne consomme plus l’information par paquet (un ensemble formé par une rédaction et proposé en bloc). Je consomme les articles à l’unité et je les découvre et les sélectionne auprès de sources multiples et très diverses, par toute une série d’outils de veille et d’alertes que j’ai personnalisés selon mes propres préoccupations. Aujourd’hui, le rédacteur en chef, c’est moi !

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Agrégateurs, les nouveaux maîtres du net

(noir)S’ils y regardaient de plus près, les blogueurs verraient bien qu’ils n’ont aucun intérêt à ce que les agrégateurs en ligne soient totalement exonérés de la responsabilité éditoriale sur le net, sinon c’est sur les frêles épaules des blogueurs que cette responsabilité retombe en totalité !

(noir)Les plate-formes d’agrégation de contenus en ligne se présentent de plus en plus comme les véritables éditeurs de ce qui circule sur internet. Elles entretiennent avec les blogueurs, et les autres sources qu’elles reprennent, une relation qui ressemble de plus en plus à celle de l’éditeur de livre avec l’auteur qu’il imprime, ou le rédacteur en chef avec ses pigistes. Et elle s’éloigne de plus en plus nettement de la relation entre le blogueur et son hébergeur en ligne.

(noir)Plutôt que de porter le chapeau tout seul, l’intérêt des blogueurs est donc bien de partager le risque avec ces nouveaux éditeurs, et peut-être même de partager aussi un peu les bénéfices…

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Presse écrite : la grande crise a commencé

(noir)Le plan social au journal Le Monde est un coup de tonnerre. Le groupe tranche dans ses forces vives : un quart de sa rédaction est supprimé. Comment remonter la pente après ça, et même éviter l’effondrement de la qualité de l’information produite par le journal ?

(noir)Mais cette crise n’est pas isolée : en France, après Libération, Le Figaro tranche lui-aussi à la hache dans sa rédaction. Aux Etats-Unis, une vague sans précédent de licenciements de journalistes est annoncée dans des dizaines de journaux.

(noir)A la recherche d’une introuvable rentabilité, les groupes de presse qui ne retrouvent pas sur le net les ressources publicitaires qui sont en train de leur échapper sur le papier, en viennent les uns après les autres à réduire massivement la voilure. Le prix à payer pour la survie de la presse sera-t-il la baisse de la qualité de l’information ?

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Face au net : des journalistes désemparés

(noir)On imaginait l’affrontement, un combat au corps à corps, entre les gardiens du temple et les nouveaux évangélisateurs… Mais ne vint que le silence glacé d’une terrible prise de conscience…

(noir)Quatre journalistes en ligne, de Marianne2, Bakchich, Mediapart et RFI, acceptaient de descendre dans la fosse aux lions, pour répondre, devant une assemblée de journalistes militants syndicaux, issus pour la plupart de la presse « traditionnelle », à cette question sans nuance : le web, sauveur ou fossoyeur du journalisme ?

(noir)Mais le combat n’a pas eu lieu. Faute de combattants. Laissant cette assemblée de journalistes désemparée face à l’angoissante question existentielle : mais qu’est-ce qu’on va devenir ?

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Le culte de l’amateur. Comment internet détruit notre culture

(noir)« Le culte de l’amateur. Comment internet détruit notre culture », de Andrew Keen (traduit de l’anglais), préface de Denis Olivennes, Ed. Scali, 2008, 23 €.

(noir)La thèse d’Adrew Keen est brutale : le Web 2.0, et son « culte de l’amateur », est en train de détruire notre culture et de vicier la moralité de notre société, en noyant la vérité sous un torrent de mensonge et de manipulation, et les oeuvres de qualité sous un flot de médiocrité.

(noir)Le Web 2.0 met en lambeaux l’économie des secteurs de l’information et de la culture (le livre, la musique, le cinéma, les journaux…), ce qui menace de tarir à la source la production culturelle de qualité. La légitimation du pillage de la propriété intellectuelle, la pornographie omniprésente et le développement du jeux en ligne n’engendrent qu’un vaste « désordre moral » qui mine la société…

(noir)Pour y mettre un terme avant que la catastrophe ne soit irréversible, Andrew Keen voudrait civiliser ce « Web 2.0 sauvage » où ne règne que le sexe et l’argent.

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Le journalisme après internet

(noir)« Le journalisme après internet », Yannick Estienne, L’Harmattan, 2007, 313 p., 31 €.

(noir)Voyage au pays des soutiers de l’information en ligne, ces journalistes invisibles, « hybrides » et « dominés », qui travaillent dans les sites web d’information…

(noir)Le chercheur voit dans ce journalisme d’un nouveau type « un laboratoire pour le journalisme du futur », qui se développe « sous l’emprise du marketing » et détourne les outils et la culture participative du Web 2.0 et du journalisme citoyen pour conforter les « médias marchands » face à des internautes réduits au rôle de client et de consommateur…

(noir)Si Yannick Estienne ne voit pas là « la fin du journalisme », il s’agit bien tout de même d’une transformation en profondeur…

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Où se joue la bataille de l’information ? Le buzz, idiot !

(noir)Le journalisme traverse aujourd’hui une crise majeure, les derniers forums consacrés à l’avenir de la profession se font l’échos d’une profonde lamentation.

(noir)L’écosystème « traditionnel » de la profession vole en éclats sous l’effet d’internet et les journalistes s’avouent désemparés, car personne ne voit clairement aujourd’hui où tout cela nous mène, si ce n’est à la perdition.

(noir)Paradoxalement, on ne trouve pourtant que bien peu de journalistes en première ligne, là où se joue aujourd’hui la bataille de l’information, là où se joue aujourd’hui tout l’enjeu de la diffusion de l’information en ligne, là où ils pourraient pourtant – peut-être – apporter quelque chose qui justifierait la pérennité de leur profession : le buzz.

(noir)Ils ont abandonné sur internet ce qui était leur rôle auparavant, à des moteurs de recherche d’une part, à des blogueurs de l’autre, alors qu’ils auraient pourtant bien des raisons de croire qu’ils ont une carte à jouer dans cette nouvelle donne de l’information..

(noir)Des expérimentations ont lieu ça et là, pour tenter d’inventer ce nouveau journalisme, mais ce n’est l’oeuvre que de quelques francs-tireurs, et ils n’ont pas toujours bien visé.

(noir)Personne n’a encore trouvé la solution de l’équation économique de l’information en ligne. Mais en se tenant, pour la plupart d’entre eux, à l’écart des expérimentations sur ce nouveau média en gestation, les journalistes sont en train, dans une démarche suicidaire, de signer l’arrêt mort de cette profession…

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Un journalisme de re-médiation

(noir)Il y a ce à quoi le journaliste ne sert plus, ce à quoi il sert encore et ce à quoi il pourrait servir…

(noir)Le rôle d’intermédiaire de l’information ou de prescripteur d’opinion, le contrôle sur la diffusion et la hiérarchisation des nouvelles sont perdus, et c’est un monopole des journalistes qui s’effondre avec internet.

(noir)Le rôle des journalistes d’agence de presse n’est pas remis en cause. Il devient même central, à côté des internautes producteurs eux-mêmes d’information, dans le nouveau dispositif de l’info.

(noir)Le journaliste conserve en partie son rôle d’expertise, de veille et de pédagogie de l’information, mais il doit désormais le partager avec d’autres et lutter au quotidien pour prouver la pertinence de son approche spécifique.

(noir)Il trouve une nouvelle légitimité de « chien de garde » du net (gate keeper), dans la vérification a posteriori de l’information qui circule et dont il n’est plus à la source. C’est dans le traitement de l’information et le « service après-vente » que se concentre désormais « le coeur de métier », dans un journalisme « assis » qui assure surtout des tâches de post-production : la figure du reporter et celle de l’éditorialiste s’effacent devant celles du secrétaire de rédaction et de l’éditeur.

(noir)Ce nouveau journalisme de re-médiation, plus modeste et à l’écoute, marque la fin d’un magistère, mais pas celle d’une profession. Celle-ci doit s’attacher plus que jamais (et probablement plus qu’aujourd’hui !) à sa déontologie. L’indépendance, la transparence et la stricte séparation entre l’information et la communication ou la promotion, formant l’essentiel de la plus-value que le journalisme peut prétendre apporter en ligne et qui justifie son existence…

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L’avenir du journalisme : tu seras un agrégateur humain, mon fils !

(noir)Dans ce nouveau monde de l’information, où c’est le buzz qui domine, le journaliste peut se faire encore une place, en se concentrant sur les fonctions d’éditions de l’information, qui sont au coeur de son métier depuis l’origine, mais qui restaient à l’arrière plan face au « journalisme plumitif », qui tirait la couverture à lui. Ce dernier a vécu, nous allons l’oublier bientôt.

(noir)Le média d’information se présente aujourd’hui comme une plate-forme logistique, qui gère des flux d’informations entrant et sortant, provenant de sources diverses et redistribués sur des supports multiples.

(noir)Si les algorithmes le contestent aujourd’hui dans ce rôle « logistique », l’humain n’a pas encore dit son dernier mot. Sous le règne du buzz, tout l’enjeu est de faire le tri entre « le bruit et les messages », et ça, les veilleurs humains de l’information le font toujours bien mieux que les machines.

(noir)Plus loin que la plate-forme logistique de l’information, c’est dans l’agrégation éditorialisée des informations que se trouve aujourd’hui l’avenir du journalisme.

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