après le journalisme

Après le journalisme… novövision, saison 2

Alors, le journalisme, c’est fini ? Ben, oui. Et au fond, ça fait déjà un bon moment que le projet avait dépassé son âge d’or et glissait irrémédiablement vers son déclin. Il ne s’agit que d’entériner un état de fait : le patient est en coma dépassé depuis longtemps. Il est bien temps de constater la mort clinique du sujet et de signer son acte de décès. Pour passer à autre chose…

On trouvera bien par la suite un moment pour son enterrement, un genre d’instant symbolique qui marquera dans la mémoire collective qu’on a bien changé d’ère. Je ne sais pas, moi… Le rachat du Monde par Lagardère et la fin de l’indépendance du dernier journal français encore – un peu – contrôlé par sa rédaction… La transformation de Libération en bi-hebdomadaire pour consommateurs urbains et branchés sur le retour, amateurs de Rolex et qui sont passés “du col Mao au Rotary”… Le moment où le groupe Le Figaro deviendra pour l’essentiel un site de petites annonces en ligne et de e-commerce, et accessoirement un diffuseur d’information… Ou encore le jour où un blogueur amateur sortira pour la première fois un scoop qui fera tomber un ministre, ou bien lorsqu’un présidentiable de premier plan annoncera sa candidature sur Facebook avant d’envoyer un communiqué à l’AFP… Tout ça conviendrait, tout ça viendra…

Le rêve brisé de l’indépendance

Quand je parle de la mort du journalisme, j’évoque bien entendu l’épuisement du Programme du Conseil national de la Résistance, qui aura connu son apogée dans les années soixante avec ce journalisme des sociétés de rédacteurs (Pierre Rimbert, Le Monde diplomatique, mai 2007 : Sociétés de rédacteurs, un rêve de journaliste).

Ce rêve d’un journalisme comme quatrième pouvoir, ou du moins comme contre-pouvoir, qui peut assumer ce rôle, non parce qu’il postule son indépendance de principe du haut d’un piédestal, contre toute évidence, mais parce qu’il l’assure économiquement, en verrouillant le capital de son entreprise placé sous le contrôle de sa rédaction, ce rêve-là s’est évanoui depuis longtemps.

Tous les journalistes le savent, même s’il convient de ne pas trop le dire. “Le premier qui tire sur les journalistes est mort” ironisait Yves Roucaute en 1991 (Splendeurs et misère des journalistes, Calmann-Lévy). Elisabeth Lévy et Philippe Cohen en rajoutaient une couche plus récemment (Notre métier a mal tourné, 2008, Calmann-Lévy – note de lecture sur novövision).

Bien sûr, certains n’y croient pas encore et préfèrent s’aveugler eux-mêmes, se refusant à entendre l’évidence assénée pourtant depuis des lustres par l’austère et vénérable Hubert Beuve-Méry :

« Il y a quelques années, l’homme-clé d’un journal était le rédacteur en chef ; l’homme-clé aujourd’hui est celui qui s’occupe principalement de l’aspect commercial de son fonctionnement. » (Cité par Pierre Rimbert, tiré de Claude Bellanger, Jacques Godechot, Pierre Guiral et Fernand Terrou (sous la dir. de), Histoire générale de la presse, tome V : De 1958 à nos jours, Presses universitaires de France, Paris, 1976, p. 292.)

novövision, saison 1 : un bilan

Venant moi-même de la presse quotidienne, j’étais conscient en ouvrant ce blog il y a deux ans de cette lente dérive du journalisme depuis les années soixante-dix. L’objet-même de ce blog aura été pour moi de chercher une solution, pour la profession en général, mais avant tout et surtout pour moi-même. J’ai exploré patiemment et en profondeur les ressources d’internet pour un renouveau de ce journalisme auquel je tenais. Mais je n’ai pas trouvé de solution.

Pour le journalisme professionnel, internet aura même été le laboratoire d’une emprise accrue du marketing et de la communication (Le journalisme après internet, Yannick Estienne), fossoyeur de la mythologie professionnelle sur l’autel du low-cost (Avenir du journalisme ? Tu seras un prolétaire, mon fils) et sous le règne du canon à dépêches. Le récent réveil des forçats de l’info m’est certes sympathique, mais j’ai bien peur qu’ils n’aient, pas plus que leurs aînés et peut-être même moins qu’eux encore, les moyens de leur ambition…

Quelques îlots de résistance apparaissent bien ça et là : Rue89, Mediapart, Bakchich, mais ces entreprises sont bien fragiles et précaires, et ne font, au bout du compte, que tenter de réveiller un peu de son coma le vieux projet moribond du journalisme, en lui injectant seulement quelques doses de participation (Mikiane : Pourquoi je veux (à nouveau) quitter Rue89)… J’ai bien peur que le véritable avenir des sites de presse, ce soit en réalité ça : lepost.fr : populaire ou populiste ? , Lepost.fr, le labo de l’info : vraiment ?

Au terme de ces deux ans d’enquête en ligne sur l’avenir du journalisme à l’heure d’internet, je rejoins largement les conclusions de Bernard Poulet (qui s’est d’ailleurs abreuvé à ce blog 😉 ): c’est la fin des journaux, mais quel avenir pour l’information ? Et cette mort des médias menace-t-elle la démocratie ?

Lire aussi : Le quatrième pouvoir est en train de changer de mains (sur narvic.fr)…

Le point de rupture du journalisme

L’information n’a pourtant jamais été aussi abondante que sur internet. Les internautes prennent en main peu à peu leur propre information, des machines et des algorithmes les y aident, au point que l’on en vient à considérer que le web lui-même est une gigantesque machine sociale à hiérarchiser l’information.

On a moins besoin de journalistes qu’auparavant car internet “déshabille” le journalisme de ses fonctions traditionnelles, qui sont désormais opérées différemment, et le laisse tout nu… et frigorifié.

Chacun devient sur le net son propre rédacteur en chef 2.0. Les fonctions de tri, sélection, hiérarchisation de l’information, sont redistribuées entre des machines et des réseaux sociaux de recommandation, et sont de plus en plus personnalisées selon les besoins et les goûts de chacun.

Chaque internaute dispose désormais de moyens d’être plus actif dans sa propre information : des contacts, des sources et des archives sont accessibles en quantités considérables, et des moyens de recherche très puissants permettent de circuler dans ce corpus gigantesque : “tous journalistes ?” signifie donc plutôt que chacun se fait un peu journaliste “pour lui-même”, prenant en charge sa propre information dans une démarche active de recherche.

Mes propres expériences de “journalisme en pyjama” ne visaient d’ailleurs qu’à vérifier et illustrer ce propos, en démontrant la qualité de l’information que chacun est en mesure de trouver lui-même de cette manière. (Et si on s’était trompé sur le Tous journalistes ?).

Que reste-t-il aux journalistes ?

Le “journalisme déshabillé” est en concurrence sur tous les fronts avec de nouveaux acteurs, et il ne sait plus très bien ce qu’il est, à quoi il sert, ou peut encore servir (Un journalisme de re-médiation ?).

Auteur ? Les journalistes se sont toujours plus à mettre en avant leur fonction et leur statut d’auteur. Pour beaucoup d’entre eux, c’était très exagéré, voire un peu usurpé, leur activité quotidienne étant assez loin de la création d’œuvres de l’esprit originales et empreintes de la personnalité de leur auteur… 😉 (De l’utilité démocratique des journalistes…). Mais la question principale n’est pas là : l’une des grandes nouveautés d’internet est la formidable démocratisation qu’il a rendue possible de l’accès à la publication, et même à l’auto-publication.

De rares, les publications sont devenues très abondantes, de qualité diverse, certes, mais disponibles à profusion. Des “niches” du journalisme traditionnel en sont tout simplement dévaluées par cette mise en concurrence : les éditorialistes encartés et patentés, par exemple, ne me pardonneront peut-être pas de trouver plus intéressant que le leur le commentaire de l’actualité d’un Authueil ou d’un Koz, d’un Vogelsong, d’un Malakine, Marc Vasseur, SarkoFrance ou même d’un CSP et d’un Birenbaum… (Le blogueur a tué l’éditorialiste et c’est tant mieux).

Expert ? Là encore, la concurrence est devenue rude. Des experts, en droit, en économie, en aéronautique ou en botanique… dans tous les domaines en fait, qu’ils soient enseignants, avocats, professionnels dans leur secteur, me sont accessibles sans filtre… “Remonter toujours à la source” enseignent les “canons” du journalisme : ça conduit en l’occurrence… à se passer de l’intermédiaire qu’est le journaliste !

Ce n’est pas que le journaliste n’est plus utile. Il dispose de compétences, d’une expérience, d’une culture générale et professionnelle de l’actualité et du lectorat, qui permettent de produire des sélections, hiérarchisations, contextualisations de l’information qui restent pertinentes. Mais il a de moins en moins de spécificité. Il lui est donc de plus en plus difficile de faire valoir la “valeur ajoutée” qu’il peut apporter au traitement de l’information. Seuls terrains sur lesquels le journaliste reste encore au premier plan, mais c’est justement le travail le plus difficile et le plus problématique (il est coûteux aussi et on ne sait toujours pas le financer): le terrain de la vérification (Quel journalisme à l’ère de l’info-buzz ?) et celui de l’enquête (Le journalisme d’investigation au bord du collapse)…

Je n’insiste pas sur les multiples pistes que j’ai tenté d’explorer ici sur un avenir de l’information qui laisserait, ou pas, une petite place pour les journalistes (agrégation, re-médiation, recommandation…), notamment à travers “le journalisme de liens”. La question reste ouverte et les archives de ce blog restent en ligne, et j’aurai l’occasion d’y revenir… 😉

J’avais tenté, quelques jours avant de suspendre novövision au début de l’été d’en faire un premier “pré-bilan”: Avenir du journalisme : rompre avec l’industrie, retour à l’artisanat ? C’est bien la voie que je tente d’explorer désormais, mais je ne le ferai plus tout à fait, cette fois, en direct et à travers novövision…

Le journalisme de liens, de la théorie à la pratique…

Cette “saison 1” de novövision s’achève, car l’enjeu pour moi n’est plus tellement celui de la réflexion sur l’avenir du journalisme que de passer à l’expérimentation (Pour un journalisme expérimental)… De la théorie… à la pratique.

L’un des terrains à explorer qui me semble prometteur (mais il y en a d’autres, et d’autres se chargent de les défricher), est celui du journalisme de liens. Il est au cœur de la question de la sélection/hiérarchisation/validation de l’information en ligne, du repérage/guidage de l’internaute dans l’abondance, de la recherche d’un remède à la surcharge informationnelle qui nous menace (L’enjeu de l’info en ligne : moissonner et partager des liens).

aaaliens, un beau projet inabouti… qui a échoué

Ma participation au projet aaaliens, il y a maintenant un an, relevait déjà de l’expérimentation (Pourquoi aaaliens.com est un agrégateur étrange). C’était artisanal, mais l’expérience visait, à mes yeux, une question centrale : celle de la qualification des sources de recommandation sur le net, en tentant d’apporter une première réponse à la question : qui recommande ? qui recommande qui ? et qui recommande quoi ? La démarche était pour moi, fondamentalement… éditoriale.

Cette expérience est restée, dès l’origine, inaboutie. aaaliens a toujours fonctionné sur une seule jambe, et ça n’a jamais été satisfaisant pour moi. L’enjeu était de former une “fédération de blogueurs”, une sorte de club des “auteurs agrégateurs associés” (le “aaa” de aaa-liens), qui apporte une forme de crédit à la sélection de liens proposés, par “dérivation de blog”, c’est à dire en offrant au lecteur un moyen d’identifier et de qualifier la source de la recommandation (qui recommande ?) en se référant à un blog “attaché” à cette recommandation – et donc à son auteur.

Dans “journalisme de liens”, il y a “journalisme”…

Le second aspect fondamental de ce projet consistait dans la qualification, non plus de la source de la recommandation, mais dans celle du contenu proposé : par l’éditorialisation des liens (qui recommande quoi ?). Il s’agissait donc de proposer plus que des “liens bruts”, attachés à un nom, comme on peut le faire avec un système tel que Twitter. Les liens étaient “éditorialisés”, c’est à dire décrits par un auteur, au moyen de tags et d’un petit texte de description. Contrairement à Twitter, il ne s’agissait pas d’inviter à “cliquer à l’aveugle” sur un lien, sur la seule foi de la réputation de celui qui le propose, sans rien savoir de ce qu’il y a “derrière”…

Le développement de l’expérience nécessitait donc de constituer une “communauté active” autour de ce travail collectif d’éditorialisation : pour échanger, discuter des pratiques et des objectifs, parvenir à des formes de normalisation, d’homogénéisation du “traitement” des liens… C’est ce que nous ne sommes jamais parvenus à faire. La “seconde jambe” du projet a toujours fait défaut.

Amputé de cette dimension éditoriale, aaaliens n’a, au fond, jamais décollé d’une “boîte à trier des flux de liens” de manière automatisée. Ce n’était pas exactement mon ambition initiale. 😉 Inabouti, ce projet s’est essoufflé, sans que je réussisse à le “réveiller”. J’ai fini par le quitter à mon tour récemment. aaaliens n’est plus mon projet.

Mes expérimentations se déroulent désormais ailleurs. J’ai rejoint l’équipe de Vendredi, qui est précisément dans cette démarche de… journalisme de liens, de sélection qualifiée et éditorialisée de contenus en ligne, et nous réfléchissons avec d’autres à son avenir… 😉

Je vous tiendrai au courant de ces expérimentations sur le journalisme de liens, dont l’axe central, à mes yeux, peut se résumer dans cette formule : dans “journalisme de liens”… il y a “journalisme”… C’est à dire que la démarche est avant tout éditoriale, même si elle s’accompagne d’une démarche technologique, et d’une réflexion sur l’articulation entre les deux…

novövision, saison 2

Dans cette évolution de mon projet personnel, qui a beaucoup “muri” au cours de l’été ;-), novövision a donc perdu en quelque sorte son objet initial. C’est pourquoi je l’ai suspendu, le temps de remettre mes idées en place… et de réorganiser ma vie numérique…

J’ai lancé entre temps un nouveau blog, narvic.fr, qui est une autre expérience de présence en ligne : Quand le web devient flux, ce truc est-il encore un blog ?.

Sur novövision, je souhaite désormais faire autre chose… Ce ne sera plus tout à fait un blog non plus, même si ça reste un espace de publication personnelle. narvic.fr est mon espace rapide et réactif, un lieu de test et d’échanges, un lieu de conversation, immergé dans les flux du web et connecté aux réseaux sociaux. novövision sera un espace de publication lente, pour des billets longs, pour mes notes de lecture et mes réflexions diverses… J’y serai moins présent et réactif (et je ne répondrai qu’aux commentaires constructifs et intelligents 😉 )…

Les publications seront moins fréquentes, mais les thèmes plus variés : je ne m’intéresse pas qu’à l’avenir du journalisme et de l’information. On y parlera aussi de politique, de sociologie, de philosophie et d’histoire…

J’ai réorganisé mes “rubriques” de manière plus simple : tout novövision 1 est reversé dans une rubrique archives ; les nouveaux billets seront publiés dans les deux rubriques “survivantes” : la bibliothèque, pour mes notes de lecture, et éditö… pour tout le reste…

Voilà, c’est reparti pour un tour. 😉

17 Comments

  1. Je voulais pas parler du journalisme dans mon livre sur les flux… et j’ai pas mal avancé un chapitre où je vous sons rôle dans une forme de propulsion. J’ai commencé par une histoire récente en disant que le journalisme était définitivement mort ce jour là.

  2. Heureux de voir que novovision restera consacré à des notes de fond. Intéressant aussi le nouveau site de Vendredi, en particulier la contextualisation systématique (depuis le temps qu’on l’attendait) des sources citées. Je vais aller voir ça de plus près dans les prochaines semaines 😉

    A propos des réflexions sur le journalisme, ce me semble plus un retour à la case départ qu’une “mort” si vous avez raison : les informations seront là pour donner un peu de lustre et d’influence à des compagnies marchandes, et l’éditorial retournera à son ancien statut de libelle ou de pamphlet. Reste à voir si le journalisme d’investigation saura convaincre suffisamment de mécènes pour financer des enquêtes coûteuses. M’enfin, pour l’instant le papier est loin d’être mort, et les maquettes valsent dans l’espoir (pas forcément vain par ailleurs, il y a indéniablement une amélioration chez les quotidiens que j’ai pu acheter récemment) de le faire renaître …

  3. ouaouh ! je suis épaté par tant de profondeur sur le sujet ! c’est la première fois que je lis une telle analyse et j’en suis ma foi fort ravi… si l’investigation appartenait à la blogosphère, je serai presque d’accord.Mais ceci dit, il y a belle lurette (depuis l’éclosion de l’affaire Clearstream ?) que le vrai journalisme n’existe plus guère à ce niveau… à moins qu’on ne me prouve le contraire ! Ainsi, une certaine orientation informative de la réalité politique…

  4. Billet intéressant et assez drôle.
    Le Blogueur a tué l’Éditiorialiste ? Voyons, ne soyons pas naïf : c’est la même chose, seul le support (et la génération) diffèrent (Cf.: « L’Éditorialiste/Le Blogueur », ici : http://labyrinthe.revues.org/index3974.html).

    Je vous cite :
    « J’ai réorganisé mes “rubriques” de manière plus simple (…) éditö… pour tout le reste… »

    Qu’est-ce que je disais déjà ?

  5. Et la culture bordel? si le mot culture fait sortir des revolvers, c’est pas par hasard, si il y a eu un siècle des lumières, un siglo d’oro, etc, c’est pas par hasard, si les dictatures brûlent des livres et emprisonnent les artistes, c’est pas par hasard, si les grandes périodes historiques ont été marquées par des œuvres culturelles, c’est pas par hasard,fin du playdoyer, le lecteur poursuivra de lui-même.
    Et il se passe actuellement des événements super forts, qui dérangent, remuent, passionnent etc un tas de gens.
    (Et y a des blogs vachement bien)

  6. Il y a quelque chose qu’il faudra m’expliquer. Parce que mon esprit terre à terre est un peu perdu. Ce serait la fin du journalisme et vous rejoignez Vendredi, qui ne fait que pomper des articles à droite ou à gauche. Mais si y-a plus de journalisme, qu’est-ce que Vendredi va pouvoir recycler ? De l’éditorial ?

  7. “Pomper”, “recycler”, votre vocabulaire à propos de Vendredi est… soigneusement choisi. Mais il ne tient pas compte de la réalité : les articles republiés par Vendredi le sont tous avec l’autorisation des auteurs et cette republication est rémunérée. Ces articles ont été sélectionnés par une – petite – équipe de journalistes qui les estiment intéressants. Et les articles de qualité ne manquent pas dans la blogosphère, que ces articles soient rédigés par des journalistes ou pas..

    Ensuite, sur la “contradiction” que vous voyez dans ma démarche : relisez moi. 😉 Ce qui est terminé c’est le projet du journalisme des sociétés de rédacteurs indépendantes et contrôlant leur journal. Le journalisme indépendant trouve aujourd’hui refuge dans des projets “artisanaux”. Les grandes rédactions “industrielles”, elles, sont de plus en plus sous le régime du markéting et de la communication. La contradiction, pour moi, serait de revenir dans une grande rédaction, comme auparavant.

  8. Au plaisir de te lire 🙂
    Entre nous Vendredi aurai du commencer sur Internet et fort d’une communauté vivante ne se serrai pas focaliser sur la politique politicienne. Cela vas-t-il changer ?

  9. “les articles republiés par Vendredi le sont tous avec l’autorisation des auteurs et cette republication est rémunérée”.

    Vous êtes sûr ? Pourquoi toutes ces plaintes alors ? J’ai eu des échos à propos de reproductions d’articles sans l’accord des auteurs (qui n’étaient donc pas rémunérés), voire même d’articles charcutés n’importe comment. Demandez à Jacques Rosselin si vous n’êtes pas au courant.
    C’est vraiment ça la conception du journalisme que vous défendez ?

  10. Il me semble qu’il existe une différence entre une citation, sous la forme d’une brève sur le papier (et sur le net sous la forme d’un lien), et la republication d’un article. L’une est libre pour tous, et gratuite ; l’autre demande l’autorisation de l’auteur (et dans mon cas, Vendredi m’a toujours payé pour cela). De quels cas, précisément, parlez-vous ?

    Quant aux coupes : contrairement à internet, sur le papier, la place est comptée. Pourtant Vendredi n’a pas hésité parfois à publier un seul et même article sur deux pages complètes (ça m’est arrivé). Malheureusement, sur le papier les coupes sont inévitables et tous les journalistes vivent ça tous les jours et savent bien que l’on ne peut pas faire autrement.

  11. J’ai un peu de mal à dire que le journalisme est mort, ou que la fonction de journaliste est morte. Ton affirmation me paraît un peu abrupte, à moins que la nuance se trouve ailleurs : une certaine idée du journalisme est morte, le reste est à réinventer. Auquel cas c’est encore trop fort (je pense qu’il y a des survivances ou des réapparitions) mais plus correct.

    A propos d’aaaliens, j’avais essayé de faire ce travail d’éditorialisation. Je n’ai pas fait partie des élèves les plus assidus en quantité mais j’ai essayé de faire de la qualité. Je ne suis pas convaincu que ce soit un échec, disons que les règles n’ont pas été suffisamment rappelées au départ. Il y a eu oscillation entre plusieurs tentations : faire ressortir clairement ce qui plaît à plusieurs (les tops, et donc il faut du volume) et la qualité qui nécessite du temps.

    Et pour le reste : je lirai avec plaisir la suite et participerai de temps à autres 😉

  12. @ Enikao

    C’est clair dans le billet, me semble-t-il : c’est le projet du journalisme indépendant dans les grandes rédactions contrôlant leurs entreprises, c’est à dire le projet de journalisme et d’indépendance de la presse du Programme du CNR et des sociétés de rédacteurs, qui est mort. Or, c’est celui-ci qui “fonde” l’identité et la légitimité des journalistes professionnel aujourd’hui, pour l’essentiel, et qui a servi de discours promotionnel (et désormais de caution) hors de la profession.

    Comme indiqué en fin de billet, la porte de sortie, pour moi, c’est de quitter l’industrie et de revenir à l’artisanat. Mais c’est bien aussi l’artisanat… 😉 Et ça semble bien mieux adapté au net…

    Quant à aaaliens : il n’y a plus assez de gens alimentant la machine aujourd’hui pour que ce qu’elle produise soit pertinent. Ce projet s’épuise et meurt en se vidant peu à peu de sa substance. Je le regrette. Je n’ai pas su l’empêcher. Je m’en suis retiré.

  13. Vous faisiez, il y a un an, un bilan des six premiers mois de Mediapart. Pourrions nous savoir où en est aujourd’hui le blog du moustachu ?

  14. Je suis désolée, je vais donner prise à la suspicion, mais la volatilité d’internet est telle que je ne retrouve pas les exemples précis que je recherchais. Dans l’un, il s’agissait de la reproduction d’un article sans autorisation. Dans l’autre, de la reproduction d’un article coupé n’importe comment. Je sais comment on pratique dans la presse traditionnelle (j’ai été journaliste), quand un SR réduit un article, il ne le fait pas n’importe comment et généralement, quand il s’agit d’un véritable article (et non de la recopie d’un dossier de presse), il le fait en relation avec l’auteur.
    Mais peut-être que Vendredi est plus précautionneux aujourd’hui…

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