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Affaire Fuzz : le point de vue scientifique

Olivier Ertzscheid (Affordance) est maître de conférence en sciences de l’information :

(noir)Toute cette affaire est à la fois troublante et éclairante.

(noir)Eclairante parce qu’elle souligne que tout acte de publication implique une responsabilité éditoriale, et ce indépendamment de la longueur et de la profondeur de la chaîne des médiations qui interviennent dans le processus. L’éclairage en question porte donc dans le cas qui nous occupe, sur la désagrégation (désintermédiation) de la boucle publication-édition, une désagrégation, un délitement qui n’en ôte pas la spécificité, et qui en aucune manière ne peut aboutir à un escamotage. L’une (la publication) ne peut effacer l’autre (l’édition) et réciproquement. Toute publication doit être éditée pour “exister”, et tout acte éditorial ne peut porter que sur la trace inscrite d’une publication première, originelle.

(noir)Troublante parce qu’au vu de la LEN (loi sur l’économie numérique) et des modèles actuellement dominants de nano-publication (un billet de blog, un fil twitter) versus macro-agrégation (les Digg-like et dans une moindre mesure les moteurs-remixeurs de recherche), la définition de la responsabilité éditoriale est pour le moins fluctuante (…).(/noir)

(rouge)Conclusion (temporaire) : la visibilité éditoriale devient l’autorité factuelle et engage la responsabilité civile du vecteur de visibilité (le site Fuzz).(/rouge)

(C’est moi qui souligne…)