sur le web

A propos de l’hebdo Vendredi…

Les sites Ozap.com et @si signalaient hier une information parue dans l’édition papier du Figaro, dont je ne trouve toujours pas la moindre trace sur le site du journal ([L’édition web du Figaro ne reprendrait donc pas intégralement le contenu papier ?)]…

La nouvelle fait état des difficultés rencontrées par l’hebdomadaire Vendredi, qui “n’a pas réalisé les ventes escomptées”.

Selon @si :

(noir)“Ses fondateurs. Jacques Rosselin, qui a lancé Courrier international (…), et Emmanuel des Moutis, (…) espéraient vite atteindre une vente de 15 000 exemplaires. Après un « gros creux » à 8000 exemplaires en novembre, le titre « gravite à nouveau » aux alentours de 10 000 exemplaires”
“Les deux fondateurs se fixent toujours d’atteindre 25 000 à 30 000 exemplaires, le point d’équilibre, fin 2009-début 2010. (…) « Pour acquérir 15000 lecteurs supplémentaires, nous avons besoin de 3 millions d’euros additionnels » , explique Jacques Rosselin.”

(/noir)

Selon ozap :

(noir)“Lancé le 17 octobre dernier, l’hebdomadaire Vendredi aurait une diffusion insuffisante selon les informations du quotidien Le Figaro. Ce nouveau titre propose chaque vendredi une sélection d’articles parus exclusivement sur Internet. Le titre s’écoulerait autour des 10 000 exemplaires alors que le point d’équilibre, que les fondateurs espèrent atteindre fin 2009-début 2010, est entre 25 et 30 000 exemplaires.

(noir)Après avoir dépensé un million d’euros, les fondateurs sont donc à la recherche de nouveaux investisseurs. D’ici là, l’hebdomadaire s’étoffera dès le 23 janvier en passant de 8 à 12 pages.”

(/noir)

11 Comments

  1. Il faut espérer que des investisseurs soutiennent cette initiative. Rares sont les hebdos “libres et indépendants” comme le dit la formule. En tous les cas, je souhaite bon courage aux fondateurs.

  2. 1. En effet, le Figaro n’a jamais repris l’intégralité de son édition papier sur son site. Les écarts sont bien plus marqués que sur les sites du Monde ou des Echos par exemple (même si pour lesechos.fr une large partie du contenu papier est payant). Je leur ai écrit plusieurs fois pour leur en faire le reproche, sans réponse.

    2. Vendredi… J’ai toujours pensé qu’il n’intéresserait ni les Internautes avertis (qui lisent d’eux-mêmes le contenu de Vendredi) ni les autres (qui n’accordent pas assez de valeur aux sources en ligne pour y consacrer de l’argent).

    3. Perso, Smallbrother.info me convient à merveille.

    Bravo pour ce blog.

  3. C’est à mon avis plus un des effets de la crise économique que le désaveu de la part du lectorat.
    Je fais partie des lecteurs de la première heure de Vendredi, dont je trouve la lecture reposante (pour les yeux après mes 20h/jour de web) et instructive.
    Le concept reste novateur : la reprise d’articles de blogs et la rémunération de leurs rédacteurs. Le mérite : faire une sélection du meilleur de la blogosphère, difficilement accessible pour le grand public. La preuve, Narvic cité sur la Une de l’avant-dernier numéro !
    @commentaire 2 : le point mort est à 25K lecteurs, ce qui est important pour un journal de niche, mais jouable pour un hebdo grand public et atteignable en temps normal. Peut-être qu’une modif / adaptation du business model s’impose (ex: ajout de pub ?)
    La rentrée va être dure pour certains titres.

  4. Le projet est intéressant, le produit ne déçoit pas, je trouve qu’il manque seulement de “signatures” capables de lui donner une identité suffisante pour séduire le public.
    Pas de séduction, pas d’abonnement …

  5. Lecteur ne veut pas dire acheteur. C’est compliqué de comparer des visiteurs sur Internet (gratuit) et des lecteurs de journaux (payants). Je renvoies le lecteur choqué par le montant de l’investissement initial à ceux rendus publics par les sites Internet d’info récemment créés (Rue89, Mediapart, Bakchich, ASI, etc.). C’est vrai qu’on peut en faire des trucs avec 1 million d’euros, y compris créer un site d’info, un journal ou un bistro !

    A l’époque où j’ai lancé Courrier International, un abonné supplémentaire nous coûtait 600 francs, et un abonné supplémentaire coûtait à l’Express plus de 2 000 F. Ce coût marginal augmente progressivement avec le nombre d’acheteurs, évidemment. Un calcul simple montre qu’effectivement, pour fidéliser 10 000 lecteurs supplémentaires, un investissement d’un à deux millions d’euros est nécessaire pour Vendredi. Je ne vois pas ce qu’il y a de choquant à cela.

    Fidéliser des lecteurs et consolider le modèle économique d’un média est un processus long et coûteux. Sur Internet, pour une chaîne de télé ou sur le papier. Rien de neuf sous le soleil de ce point de vue.

    Jacques Rosselin
    Fondateur de Vendredi

  6. Ce serait tellement bien de pouvoir signer un papier comme ça dans leurs pages médias… Chiche Philippe Larroque ?

    Parce qu’en passant, est-ce que cette année, le Figaro a réalisé “les ventes escomptées” ? Les nôtres au moins progressent…

    JR

  7. @ Jacques Rosselin

    Merci pour ces infos et ces explications. Personnellement, les chiffres avancés ne me semblent pas choquants : les coûts de fabrication du papier sont sans commune mesure avec ceux d’internet.

    @ commentateur anonyme #2 et #3

    Ce serait bien de laisser un pseudo et une adresse mail. Merci d’y penser.

  8. “les coûts de fabrication du papier sont sans commune mesure avec ceux d’internet”

    Bien sûr, il n’y a pas de doute à ce sujet.

    Mais ce qui est choquant, c’est précisément de choisir un support qui génère de tels coûts, quand on peut très bien s’en passer avec Internet.

    Au final, ce qui compte, c’est le nombre de personnes qui lisent.

    Dépenser 1 million d’euro pour être lu par 8000 lecteurs, c’est un peu beaucoup…

  9. Je trouve un peu étrange que l’on se focalise sur l’usage du papier. Je suis en revanche moins surpris de voir que ceux qui critiquent le support sont souvent les mêmes qui déclarent ne pas avoir besoin de Vendredi.

    Et oui, pour ceux qui passent une bonne partie de leurs journées devant leur ordi avec une connexion, la valeur de Vendredi est assez limitée : on a fait notre sélection de blog et on lit tout en ligne.

    Cela représente cependant une minorité. Jetez un coup d’oeil à l’étude du Credoc 2008 (ici : http://www.arcep.fr/uploads/tx_gspublication/etude-credoc-2008-101208.pdf) :
    “45% des Français de
    12 ans et plus naviguent sur Internet tous les jours ; 12% se connectent une ou deux fois par
    semaine et 6% le font moins souvent. 37% ne se connectent jamais.”
    37%, ça fait plus qu’une niche.

    Si mes souvenirs sont bons, Nielsen évaluait à moins d’une heure la connexion moyenne des Français. Sans trop caricaturer, ça me laisse penser que la plupart des personnes qui se connectent le font pour relever leurs emails, jeter un coup d’oeil à leur compte en banque et éventuellement passer en coup de vent sur myspace ou facebook. Très peu ont le temps ou la compétence de trouver les blogs susceptibles de les intéresser et de se les palucher régulièrement.
    Et pour toutes ces personnes, qui encore une fois sont loin d’être une minorité, un journal comme Vendredi peut apporter un vrai service.

    J’ajoute l’argument de Jean-Pierre Govekar : je passe mon temps en ligne, je serais ravi de découvrir autre chose que des blogs technos, le we, peinard, sans m’éclater les yeux comme je le fais le reste de la semaine. Bref, de la lecture casual de fin de semaine.

    C’est une autre proposition de valeur qu’un blog ou un journal en ligne, ça s’adresse à un autre public et/ou à un autre moment de lecture. Et fatalement, ça demande d’autres moyens.

  10. @ Pierre-Yves

    On a certes tendance à aller un peu vite en besogne. Les projections que l’on fait incitent à penser que la part de la population qui s’informe d’abord sur internet (voire seulement sur internet) est croissante, et même de manière spectaculaire chez les jeunes générations.

    De là à penser qu’une direction se dessine, il n’y a qu’un pas que j’ai tendance à franchir. 😉

    Il reste certes une sorte de “marge de viabilité” pour des projets basés sur des usages anciens qui vont perdurer un certain temps encore… mais c’est une marge, et c’est transitoire. On est dans le domaine de la niche, pas d’un secteur en développement…

  11. @narvic

    Je suis d’accord avec toi, ça diminue mais uniquement sur certains “moments d’info” (allez, on va être provoc, et on va dire que ce sont des périodes de cerveau disponibles).
    Prends la radio vs. la tv. Les familles ne se réunissent plus depuis longtemps autour de la tsf le soir après dîner, mais préfèrent regarder un honnête téléfilm. Et pourtant, bcp d’entre nous parmi les plus geek trempent leurs tartines et trépignent sur le périph au son de France Info.
    Même chose pour ce type d’info : j’ai beau lire la majorité de mes news en ligne et ne plus sacrifier à la tradition du journal de l’après-midi, café en main et pipe au bec, il restera une place pour le canard papier, que je vais déguster peinard dans le métro ou au bistrot, sans même penser à dégainer mon Iphone.

    Pourquoi ? parce que la combinaison du contenu (casual) et de l’objet (bon format papier) se prêtent bien à ces “moments” de mon existence de consommateur de news.

    Alors certes, le marché total potentiel a plutôt tendance à diminuer, ce sera le sédiment d’un ancien monde, mais la taille reste si importante qu’il y a de quoi faire vivre une boite là-dessus. On en revient à la conclusion de ton commentaire, sauf que je ne pense que cette “marge de viabilité” soit transitoire (l’esprit du consensus et de la synthèse m’habite).

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