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A Lille, stupeur et désarroi des journalistes

Philippe Couve, sur Samsa News, nous envoie par internet les premiers échos, vus de l’intérieur, des Assises du journalisme qui se tiennent à Lille, et ce n’est pas du tout encourageant.

(noir)Ce sont le désarroi et la tentation du repli qui dominent.

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(noir)Des signes d’espoirs? De nouveaux médias sont nés. Rue89 est cité à tout bout de champ malgré la fragilité de l’entreprise. L’arbre qui cache la forêt en quelque sorte. Mediapart est mal parti si l’on en croit les étudiants de l’IPJ qui bloguaient ces Assises.

(noir)Mediapart n’a pas gagné son pari. Le site n’est pas viable économiquement. Seuls 7 200 internautes ont souscrit un abonnement.

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(noir)Sur le site Edwy Plenel annonce l’ouverture des premières brêches dans le mur du payant qui ceinture Mediapart:

(noir)nous avons décidé de laisser en accès libre certains des articles du journal, signalés comme l’est celui-ci par un petit soleil contenant un cadenas ouvert. Tous les visiteurs de Mediapart pourront les feuilleter pour se faire une idée du journalisme ici pratiqué.

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(noir)Bakchich surnage encore. Seul XXI lancé par Patrick de Saint-Exupéry et Laurent Beccaria peut faire figure de succès à ce jour tant sur le plan éditorial que commercial.

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Après le forum du SNJ, puis celui du Synthec RP, tous ces forums sur l’avenir du journalisme semblent témoigner de la même chose :

– la prise de conscience tardive par les journalistes que la situation est franchement grave pour cette profession : c’est une crise majeure.

– une grande difficulté à en analyser les causes et les conséquences au delà du superficiel (sortir de “la faute à…”, “yaka, si on…”)

– une sorte de paralysie, une stupeur, qui bride les énergies et l’imagination, et bloque toute réaction constructive (on en reste en permanence sur le mode dénonciation, lamentation, incantation).

(noir)Un étrange paradoxe(/noir)

Je reste toujours aussi étonné que la grande majorité des journalistes professionnels ne dialoguent qu’entre eux, et encore à un niveau de réflexion assez faible (sur le rôle d’internet par exemple), et bien rares sont ceux qui sortent du cercle pour aller au devant du monde, pour apprendre des autres et débattre avec eux.

Je ne m’explique pas le manque quasi total de curiosité de la plus grande partie de la profession au sujet d’internet comme un outil extraordinaire de diffusion de l’information (et aussi de récolte et d’échange), alors que ça semble le coeur de ce métier…

37.301 journalistes encartés (sans compter tous les autres), des professionnels, techniciens de l’information… et quelques dizaines de journalistes-blogueurs seulement !

Quelques dizaines de journalistes seulement qui expérimentent cet outil, tentent de l’apprivoiser, l’utilisent pour apprendre internet, son fonctionnement, son potentiel, qui se confrontent au lecteur, aux commentaires, qui cherchent de nouvelles manières d’écrire, de nouvelles sources d’information, qui s’interrogent sur le référencement, le rôle des moteurs de recherche et des agrégateurs, se posent concrètement et par la pratique les questions de la fiabilité, de la hiérarchisation, etc., etc.

C’est un étrange paradoxe, non ?